Aides auditives : consulter, s’appareiller, vaincre les tabous !
Quand on constate une baisse d’audition, il faut réagir: consulter, appareiller et parfois dépasser les tabous. Retrouvez les réponses du Dr Paul Zylberberg (premier vice-président de la JNA et Président de l'Association Audio Ile de France) lors du tchat du 14 mars 2013.
Crocus52. Je n'ai pas de question à poser, par contre, devenue sourde, je suis bi-implantée et si vous souhaitez un témoignage, je suis à votre disposition. Ma 2è oreille est implantée depuis un mois et je redécouvre la musique et le plaisir de communiquer "naturellement", un vrai "miracle".
Le Dr Paul Zylberberg. Très joli témoignage! L'implant cochléaire est un miracle, utile pour les personnes devenues malentendantes, à tout âge, même très avancé, et pour les enfants nés sourds.
Crumble41. Ma mère (87 ans) entend mal depuis de nombreuses années mais refuse de l'admettre. Le sujet est même tabou, pourtant, comme elle vit seule et conduit, il me semble vital qu'elle ne passe pas à côté d'informations auditives importantes. Comment l'amener à consulter?
Le Dr Paul Zylberberg. Votre mère réagit comme beaucoup de personnes qui refusent la réalité du vieillissement. En réalité, ce qui "fait vieux", ce n'est pas de porter des appareils auditifs, mais de faire répéter. Si votre mère est amenée à rencontrer des personnes de son âge qui sont appareillées et qui tirent bénéfice de leurs appareils auditifs, peut-être sera-t-elle plus facilement convaincue par leur exemple? Par ailleurs, vous dites que votre mère conduit, cela témoigne d'un dynamisme certain. Cependant, la conduite automobile par les seniors malentendants, surtout non appareillés, induit le cumul de deux risques.
Myrtille. Je n'ai jamais eu de problèmes (sérieux) d'audition; j'ai 52 ans et depuis quelque temps, j'ai l'impression que mon acuité auditive baisse (on me fait remarquer que je mets le son de la TV ou de la radio trop fort!). Dois-je faire un test de l'audition ou est-ce que je peux attendre encore quelques années?
Le Dr Paul Zylberberg. Faites tester, bien sûr, votre audition. De nombreux audioprothésistes font des tests de dépistage. Si le test est positif, ou si le doute subsiste, demandez à votre médecin traitant de vous adresser à un médecin spécialiste ORL qui pratiquera de véritables examens médicaux et vous conseillera au mieux.
Jacotte. J'ai une perte auditive de 30%. A partir de quelle perte doit-on être appareillé? Merci de votre réponse.
Le Dr Paul Zylberberg. Une perte auditive bilatérale de 30 déciBels correspond à une surdité modérée. Le plus souvent, cette perte va augmenter au fur et à mesure des années. La gêne qui en découle peut être compensée par le port d'appareils auditifs. S'habituer à ce port dès ce stade facilite l'habituation. A condition d'avoir la persévérance de réellement les porter à longueur de journée. Sinon, attendre que la surdité ait doublé pour en avoir plus besoin. Le choix entre les deux attitudes doit se faire en fonction de votre gêne au quotidien et de votre persévérance.
Pat38. Me confirmez-vous qu'une surdité brutale sur l'oreille gauche ne peut être améliorée que par une prothèse auditive?
Le Dr Paul Zylberberg. Je ne le confirme pas du tout. L'apparition d'une surdité brusque, unilatérale ou bilatérale, est une urgence. Consultation ORL sans délai, si possible dans les 24h. Le traitement qui peut être instauré à ce stade n'est plus de mise quelques jours plus tard.
Didine. J'ai passé un audiogramme et on m'a trouvé une perte de 35 db. Est-il grand temps de me faire appareiller? Mon mari aurait besoin mais il ne veut pas en entendre parler. Je me dis que s'il n'y a que moi qui entend et pas lui... J'hésite, vu le coût de ces appareils auditifs qui, me dit-on, ont une vie que de cinq ans.
Le Dr Paul Zylberberg. Une perte de 35 db c'est le seuil habituel pour se faire appareiller. Parlez-en à votre médecin ORL. Votre exemple sera peut être déterminant pour inciter votre mari à prendre conscience de son déficit auditif. Essayez de voir à ce sujet et avec lui, une association de personnes malentendantes. Les appareils sont chers mais il y a des formules de remboursements. Cinq ans est une durée de vie moyenne.
Colette. Bonjour, depuis deux ans, j'ai la maladie de Ménière (acouphènes, perte de l'audition et vertiges) Une aide auditive serait-elle adaptée?
Le Dr Paul Zylberberg. Une aide auditive améliorera votre audition mais n'améliorera pas les autres symptômes de la maladie de Ménière, comme les nausées et les vertiges.
Article paru le 15 mars 2013 dans Notre Temps
Journée nationale de l'audition : les seniors se font entendre !
La Journée nationale de l'audition se déroulera le 14 mars. Pour cette nouvelle édition, la campagne de sensibilisation annuelle sera essentiellement axée sur les seniors, autour du "Bien Vieillir". Un sondage effectuée pour cet événement révèle qu'un tiers des seniors est touché par une gêne auditive.
Le dispositif d'information de la Journée nationale de l'audition sera tourné vers les personnes âgées de 50 ans et plus. L'objectif sera de leur faire prendre conscience "qu'entendre doit rester un plaisir à tous les âges de la vie".

Un tiers des seniors touché par une gêne auditive
Plus de trois seniors sur dix (34%) affirment ressentir des difficultés à entendre, d'après un sondage réalisé par Ipsos à l'occasion de cette 16e Journée nationale de l'audition. Globalement, les hommes sont plus touchés par les difficultés d'audition que leurs homologues féminins (37% contre 30%). Sans surprise, les seniors âgés de 65 ans et plus sont également plus concernés que les 50-64 ans (39% contre 31%).
Les sifflements, les acouphènes et les bourdonnements sont les gênes auditives les plus fréquentes chez les seniors (46%), devant les difficultés de compréhension (44%), et les vertiges (25%). La déficience auditive influence fortement le quotidien des seniors. Ces derniers affirment qu'elle a un impact sur les relations sociales et professionnelles (90%), sur l'humeur (82%), ou encore sur les activités (78%).
Malgré ce constat, le sondage révèle que seulement 32% des personnes interrogées ont réalisé un contrôle de leur audition il y a moins de cinq ans.
Journée nationale de l'audition : demandez le programme !
Le 14 mars prochain, le grand public pourra profiter de tests auditifs gratuits de dépistage, participer à des conférences d'experts et des expositions, ou encore rencontrer des professionnels de l'audition qui répondront à toutes leurs questions. Centrée sur les seniors, la Journée nationale n'en oubliera pas pour autant les plus jeunes. Des programmes de préventions ciblés seront ainsi proposés à ce public, ainsi qu'aux travailleurs potentiellement exposés aux problèmes d'audition.
Le programme de cette 16e campagne nationale de sensibilisation est accessible sur le site dédié à la Journée.
Avec Relaxnews
Source :
Communiqué de la journée nationale de l'audition - février 2013
L'enquête JNA - Ipsos 2013 a été menée en ligne, entre le 11 et le 14 février derniers, auprès de 900 individus âgés de 50 ans et plus, représentatifs de la population française.
Seniors et audition : la fin d’un tabou ?
La perte naturelle de l’audition avec l’âge n’est plus un secret aujourd’hui : les signes du vieillissement du système auditif apparaissent dès la cinquantaine et de plus en plus tôt compte tenu, notamment, des pratiques d’écoute amplifiée non maîtrisées (musique MP3, concerts…). Les seniors ont-ils aujourd’hui intégré le facteur audition dans leur capital santé ? Mesurent-ils l’incidence de l’audition sur le bien être et le bien vieillir ? Osent-ils en parler ? Franchissent-ils le pas lorsque la gêne auditive apparaît ou bien prennent-ils le risque de perdre le fil des conversations et de décrocher socialement ? Tels sont les thèmes abordés dans l’enquête JNA – Ipsos, enquête réalisée dans le cadre de la 16ème édition de la Journée Nationale de l’Audition.
La perspective de problèmes d’audition préoccupe peu les seniors…
Dans la hiérarchie des sources d’inquiétude des seniors vis-à-vis du futur, la baisse des revenus, le spectre de la dépendance et la crainte d’avoir des problèmes de mémoire éclipsent les autres menaces : seuls 31% des seniors se disent inquiets de la perspective de problèmes d’audition.
…en dépit d’une réalité contradictoire pour 1 senior sur 3
En effet, 9% des seniors considèrent avoir souvent des difficultés à entendre et 25% parfois. Les gênes les plus répandues sont les sifflements / bourdonnements dans les oreilles (46%) et les difficultés de compréhension (44%).
Les difficultés d’audition altèrent la qualité de la vie, les seniors en sont pleinement conscients…
Si dans leur grande majorité (75%), les seniors se disent capables de se concentrer, pour ce qui concerne leur faculté optimale de concentration (réponse "tout à fait"), il existe un clivage entre ceux qui disent ne pas avoir de difficulté à entendre et ceux qui éprouvent parfois ou souvent des difficultés à entendre (56% vs. 40%). De même ce clivage est manifeste sur le plan de la satisfaction éprouvée vis-à-vis de leur capacité à travailler pour ceux qui sont en activité (écart 22 points), de leur vie sexuelle (16 points) et de leur qualité de vie d’une manière générale (15 points).
Les difficultés altèrent également le moral : 14% des interviewés ayant souvent des difficultés à entendre déclarent éprouver très souvent des sentiments négatifs comme le cafard, le désespoir, l’anxiété ou la dépression alors que ceux n’ayant pas de difficultés à entendre ne sont que 4% à les éprouver.
En tout état de cause, les seniors ont bien à l’esprit les conséquences possibles d’une baisse des capacités auditives, notamment sur le plan des relations sociales ou professionnelles (90%), de l’humeur (82%), des relations affectives avec son conjoint, ses enfants (70%), des capacités de mémorisation (53%) et de la santé d’une manière générale (51%).
Au-delà du fatalisme – la perte partielle de l’audition avec l’âge – les seniors prennent conscience de la nécessaire protection de l’audition
Parmi les facteurs à l’origine de la perte d’audition, l’usure naturelle de l’appareil auditif est la première raison citée (37%), néanmoins sont également soulignées la non protection de son audition (21%) ou encore la maladie ou le traumatisme d’une oreille (18%).
Seulement 1 senior sur 3 aurait effectué un test auditif il y a moins de 5 ans
Et c’est le plus souvent à leur propre initiative que les seniors feraient effectuer un test d’audition (43%) mais pour les seniors actifs le premier prescripteur / acteur en matière de test auditif est la médecine du travail (dans 56% des cas).
Parler de sa perte d’audition ne serait plus tabou…
Seulement 23% des seniors considèrent que parler de sa perte d’audition est encore peu avouable car cela fait penser à un signe de faiblesse ou de vieillesse. Certes ce frein est un peu minimisé, à en juger la proportion plus importante de seniors sur la réserve (32%) parmi ceux qui déclarent avoir souvent des difficultés à entendre.
… et s’équiper en appareillage auditif serait banalisé !
De façon projective, en cas de nécessité 38% des seniors semblent déterminés à s’équiper d’un appareil auditif, alors que 55% répondent prudemment qu’ils s’équiperaient probablement. Quant aux réfractaires absolus (7%) ils prétextent le prix avec le mauvais remboursement de la sécurité sociale et des mutuelles (61%) et de façon beaucoup plus minoritaire le bon fonctionnement (24%), le confort (21%) ou l’esthétisme (13%). La grande atomisation des réponses quant au prix supposé de l’appareillage auditif est assez révélateur de la méconnaissance des seniors sur ce sujet.

La perte auditive : un fléau mondial
Plus de 360 millions de personnes souffriraient de perte auditive dans le monde. Ce sont les nouvelles estimations publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l’occasion de la Journée internationale de l’audition, célébrée le 3 mars.
La production actuelle d’appareils auditifs satisfait moins de 10 % des besoins mondiaux, souligne le Dr Shelly Chadha, du Département Prévention de la cécité et de la surdité de l’OMS. Dans les pays en développement, moins d’une personne sur 40 qui en ont besoin dispose d’un appareil auditif ». Et d’ajouter : «L’OMS envisage de recourir au transfert de technologie pour promouvoir l’accès aux appareils auditifs dans les pays en développement.»
La perte auditive concerne également 32 millions d’enfants de moins de 15 ans, et elle est principalement
